lundi 24 octobre 2016

Pédaler, Déguster, Découvrir

Depuis quatre ans, j’écris mes chroniques installé au bureau de Como en casa. Ce n’est plus le cas. C’est Juliette qui occupe maintenant le bureau du restaurant. Moi, je suis installé à mon bureau à la maison, sur ma gauche une porte fenêtre donnant sur la terrasse et le jardin. J’y suis bien et j’adore me lever tôt comme aujourd’hui pour vous écrire.
Hier, Pepi nous a envoyé par wahts app une photo de la famille se baladant le long de la plage avec ce commentaire « 29 grados, mucho calor. Besos. ». Nous y étions jusque lundi dernier.
Le mois d’octobre en Espagne ou du moins dans cette région d’Alicante est absolument merveilleux. Nous avons eu une pointe un jour à 32 degrés et durant tout notre séjour, la température a oscillé entre 24 et 27 degrés. C’est une belle chaleur, un petit vent frais et délicieux la rend très confortable et il fait, enfin, doux à l’ombre.
Là-bas, je me lève chaque jour vers 7h ou 7h15 et sort faire une promenade d’une dizaine de Km. Je descends vers le vieux village fait de maisons étroites, hautes de 4 ou 5 étages, très colorées et je parcours ses multiples ruelles pour aboutir au bord du ravin au fonds duquel coule toujours une rivière. Le ravin a été aménagé en parc. On y descend par de larges escaliers, quand j’ai passé le petit pont, je prends le sentier en dolomie qui part à gauche et après avoir parcouru 600 ou 700 mètres j’arrive au bout ouest de la plage. Je pars vers l’est en longeant à ma droite la mer et à ma gauche le magnifique village coloré de façades bleues, oranges, vertes…accroché à sa colline. J’assiste ainsi chaque jour à un splendide lever de soleil sur une mer souvent étale. Je vais alors tout au bout est de la plage en dépassant le port de pêche et la plage dite « des étudiants ». On peut compter plus ou moins trois ou quatre km. Je reviens ensuite sur mes pas et vais alors tout au bout du port de pêche. Il y a toujours, même si c’est beaucoup moins qu’il y a trente ans, de petits bateaux de pêches peints en bleu et blanc ou plus rarement en rouge et blanc et je rêve de pouvoir un jour avoir le courage d’aborder un pêcheur qui accepterait de m’emmener avec lui. Si non, pourquoi ne pas en acheter un ? On peut rêver non !!! Il y a aussi bien sûr des bateaux de pêche professionnels ou embarquent quatre ou cinq pêcheurs. Les petits bateaux dont je parle sont la propriété de personnes qui ont une autre profession et qui une ou deux fois par semaines font une pêche domestique mais qui ont un ou deux contacts avec de petits restaurants qui leur achètent leur surplus parfois suffisant pour payés le mazout et son emplacement au port. J’ai vu une femme seule partir avec son petit bateau. Dieu sait pourtant à quel point la pêche a été longtemps l’apanage des seuls hommes
Ma promenade dure deux heures, je reviens par d’autres chemins et Marlène et sa maman m’attendent pour le petit déjeuner vers 9h30. J’ai souvent été le premier sur la plage, sauf un jour ou un groupe de photographes amateurs avaient déjà installé leurs trépieds en attendant de photographier le lever de soleil. Vers 8h15, apparaissent le long de la plage des marcheurs, des joggeurs et deux groupes de nageurs. Un groupe au bonnet noir, je ne les connais pas. Un groupe portant des bonnets blancs dont nous connaissons Pilar, une voisine de la famille. D’avril-mai à octobre-novembre ils se retrouvent là pour une heure de nage. Rien de tel que la natation pour se maintenir en forme et je peux vous assurer que  Pilar ne fait vraiment pas ses septante ans. Par trois fois, je me suis arrêté un quart d’heure pour me baigner. J’avais un essuie avec moi et je peux me changer sans me cacher puisqu’il n’y a pratiquement personne.
Je parle de tout cela au présent comme si j’y étais encore. En fait, je crois bien que j’y serai souvent car on nous dit que les mois de mai-juin et septembre-octobre sont les mois les plus confortables et délicieux. On vit, lit, mange et sieste sur la terrasse. Il est bon de se lever avant l’aube et aussi de refaire la même promenade le soir après le coucher du soleil (assez tôt là-bas) protégé par une petite laine.
Nous sommes rentrés depuis une semaine et si la mer, la chaleur et le…restaurant me manquent un peu, je ne m’ennuie pas. Nous avons mis le paquet pour faire tout ce que nous n’avions pas fait depuis quatre ans : changer les rideaux et les tentures, Marlène remet ses armoires en ordre et moi je me suis attaquer aux caves. Rien que remettre mon grand établi en ordre m’a pris six heures. Mais je suis content du résultat. Mais j’en ai encore pour trois ou quatre jours de travail pour vider et assainir les trois caves.
Nous allons manger de temps à autres à Como en casa, passons du temps, moi avec Juliette pour les dossiers administratifs et Marlène avec Robin qui veut tout savoir de la façon dont elle organisait son travail. Ce que nous avons mangé était délicieux et nous n’avons que des échos positifs de la part d’autres clients. Le cadre a changé, est plus épuré et c’est très bien. J’espère vous y revoir chacun à l’une ou l’autre occasion comme j’y ai déjà revu des habitués qui continuent avec Juliette.
Hier dimanche, nous sommes descendu à la Batte, avons été salué Bernadette et Valou de K Fées près de la Halle aux viandes, le café de Bernadette était parfait, sommes allés manger chez notre ami Nejmi qui nous sert un merveilleux mezzés à la turque. Quand nous sommes remontés, j’ai planté les tulipes, narcisses et autres crocus que j’avais achetés la veille à Al Binète. J’en ai mis une vingtaine rassemblée dans le parterre devant la maison et une vingtaine dispersé dans la pelouse. Je me réjouis de les voir sortir au printemps. Ensuite, j’ai fendu sur une planche avec une pierre que j’avais préalablement nettoyée au savon et ensuite au vinaigre, les deux kg de grosses olives vertes des Puglie que j’avais achetées à la Batte. Je les ai mis dans un récipient, les ai couvert d’eau avec deux cuillères à soupe de vinaigre, et durant les dix prochains jours, je vais changer chaque jour l’eau et le vinaigre après avoir rincé les olives à l’eau claire. Cette technique sert à enlever l’amertume des olives. Au bout de dix jours je vais les mettre en bocaux avec de l’eau salée, des graines de fenouil que nous avons cueilli avec Bégonia en Espagne, et en dessous du couvercle couvrir le tout avec des feuilles fraîches de citronnier que la maman de Marlène, qui m’a bien sûr donné cette recette, m’enverra toutes fraîches fin de semaine. Mon dimanche n’était pas fini puisqu’ensuite je me suis remis au travail dans la cave jusque pratiquement 19 heures.
Je passe aussi beaucoup de temps en ce moment à lire les tutoriaux sur la fabrication de four à pain au bois : comment  faire la dalle réfractaire, la voute, placer la porte…Cela me fait un peu peur car un tutoriel répète sans cesse, « attention si telle chose opération est mal réalisée la dalle ou la voute se fissureront ». Dur aussi de penser qu’il faut deux ou trois mois de séchage avant de l’utiliser…Mais cela ne m’arrêtera pas, je vais me construire une véritable petite boulangerie de 6 m2, j’y ferai du pain, des pizzas, des focacciae, des pâtes, des gnocchis, des tartes avec les pommes de mon jardin…mais c’est une autre histoire que je vous raconterai plus tard.
Je dois maintenant préparer notre excursion « Pédaler, Déguster, Découvrir » avec le truck de Loly. Si vous avez raté la première invitation je vous la rappelle : c’est le 5 novembre, départ de la nouvelle passerelle côté Boverie, destination Comblain au Pont, Loly nous y attendra avec son camion-cuisine pour un menu entrée, plat, dessert pour 15€. Ensuite visite de la grotte de Comblain et au retour visite du musée de l’abeille à Tiff. Merci de payer votre repas à l’avance pour que l’on puisse s’organiser au mieux.
Voici le menu décrit par Loly :
Voici la proposition de repas pour le 5/11


Velouté de céleri-rave et chips de bacon

Volaille et légumes d'automne rôtis aux épices, orge perlé

Carrot cake à consommer de suite ou comme collation pour le retour ;)

Prix : 15€/personne
J’ai opté pour la volaille qui est généralement acceptée par le plus grand nombre.


Voici le numéro de compte pour effectuer les réservations : BE45 0017 7397 4089
Au nom de : Le Truck de Loly
Communication : Balade 5/11

Peut- on fixer la date du 31/10 comme date butoir pour les réservations ? Je garderai un peu de marge pour l’un ou l’autre « dernière minute ».
Les boissons sont en supplément et à payer sur place. Idem pour l’entrée de la grotte et le musée de l’abeille (très bon marché)

Un peu longue ma chronique. Normal, suis passionné euh !!  Pensionné.

Allei, à bientôt.

jeudi 15 septembre 2016

nous sommes encore la deux WE

Nous voilà rentrés. Le papa de Marlène a été incinéré ce mercredi. L'émotion a été forte et il restera bien présent dans l'esprit de ceux qui l'ont connu.
La vie continue, comme aurait dit Salvador et dés aujourd'hui, nous sommes à pieds d'oeuvre.
Cette semaine, le midi, en plat du jour, ce sont des pâtes aux courgettes et saumon. Pour les végétariens, il y aura un tabulé à notre façon.
Ce vendredi et samedi, l'araignée de porc avec son fameux gratin dont nous avons le secret et aussi le risotto des seigneurs dont nous vous réservons la surprise. Bien sûr nos incontournables restent à la carte.
En entrée, outre les calamars au chorizo et le mille feuilles que vous connaissez, vous serez certainement curieux de découvrir notre foie gras aux légumes.
Allei, vite: 04 2320004

lundi 5 septembre 2016

Journal d'un restaurateur (27)

Le WE a été plutôt calme, le resto était loin d’être plein, mais qu’est-ce que c’était agréable. Ce genre de soirée donne raison à Marlène qui à une époque rêvait d’une petite salle de 25 couverts  afin de travailler sans trop de stress (il y en a toujours bien sûr) et d’avoir le temps de parler avec chacun. C’est ce qui s’est passé ces derniers vendredi et samedi. Il faut dire que nous avons une « très belle » clientèle qui nous fréquente non seulement pour bien manger mais aussi parce qu’ils adhèrent à notre projet : le bio, l’achat local, le travail des légumes et produits de qualité et en plus la promotion d’artistes locaux en art plastique ou musical.
Depuis que la remise a été décidée, nous nous remémorons divers moments de notre aventure et surtout les belles rencontres que nous y avons faites. Nous parlons aussi souvent de la création de nos plats. Le bœuf en croûte de pavot par exemple. L’idée nous a été donnée par Antonio, un ami cuisinier, qui préparait un rôti de bœuf au pavot, il en découpait de larges tranches rouges, entourées d’une bordure noire. Nous avons revisité cela pour en faire d’abord des brochettes, puis nous avons enlevés les bâtonnets et puis abandonné complètement la brochette pour servir les morceaux tout noirs que vous connaissez aujourd’hui. Il y a plus de pavot sur notre boeuf évidemment que sur les tranches de rôti. Ironie de l’histoire : enfant, nous avions tous des surnoms dans notre bande à Strépy Bracquegnies. On m’appelait gaille en référence au gaille (petit bloc) de charbon. Je dis souvent aux gens quand je les sers, voici vos morceaux de charbons. Les clients de passage sont souvent surpris de l’apparence de ce bœuf, mais ravis dès qu’ils y goûtent.
Les scampis au curcuma et gingembre ont une toute autre histoire. Au départ, nous avions créé un duo de scampis et  les coquilles saint Jacques. Les scampis étaient préparés au gingembre et les saint Jacques au curcuma.  Il fallait cuire les deux séparément et les becs de gaz ne suffisaient pas quand nous étions Place Saint Etienne. C’était les saint Jacques qui en faisaient les frais, jusqu’à ce qu’un autre ami cuistot nous dise, faites le plus simples et ce que les gens adorent le plus. Nous avons décidés de travailler uniquement les scampis mais avons gardé le terme « duo » en référence au mélange, qui s’était déjà fait naturellement dans la première phase, de curcuma et de gingembre. Aujourd’hui ces deux plats font parties de nos incontournables.
Le risotto est apparu lors d’une demande de banquet. Pierre Gillet, le parrain de notre projet, organisait un repas de famille et souhaitait un risotto. Nous étions en terrain connu évidemment et avons donc fait en entrée un risotto aux scampis (en plat principal, nous avions proposé un filet de pintade à l’orange accompagné d’un gratin dauphinois, qui plus tard est devenu ce fameux gratin improvisé par Marlène, de patates douces seules ou de patates douces et de betteraves, gratins qui font toujours naître des exclamations de bonheur chez ceux qui y goûtent). Pierre et sa famille étaient enchantés du repas et Pierre littéralement amoureux de ce risotto qui pour nous était un plat « banal ». Nous l’avons mis à la carte aussi bien le midi que le soir. Nous en avons goûté quelques-uns dans d’autres restaurants pour nous rendre compte que le nôtre avait vraiment plus de cogne. La raison en est simple : Marlène n’accepte aucune entorse au mode de cuisson du risotto (une louche de bouillon à la fois) même si cela prend 40 minutes, c’est la condition indispensable à la libération de l’amidon du riz qui va lui donner son caractère crémeux mais non « papouilleux ». Les gratins et les risottos sont les plats où la créativité de Marlène est sans limites. De même que le travail de la betterave dont les préparations varient sans cesse. La betterave est devenu un légume à la mode. Il est de tous les repas au Québec, ce qui est un signe. Notre dernière trouvaille, notre dernière tuerie en fait est la présentation des filets de maquereaux sur une mousse de betteraves. L’effet de la couleur est stupéfiant mais le mariage poisson betterave est merveilleux au goût.
La création de nos entrées a aussi été une splendide aventure. Je vous en parlerai la semaine prochaine, et je devrais aussi revenir sur le curry de légumes, sur la focaccia et tant et tant de bonnes choses.
Cela nous fait plaisir de voir que vous souhaitez venir saluer notre cuisine avant la fin septembre.  Marlène vit des moments douloureux car elle accompagne son cher papa vers son dernier sommeil. Je vous tiendrai au courant bien sûr. La vie est faite de grandes joies et de moments pénibles. Dans la vie du papa de Marlène les deux étaient présents. Mais je sais pour le connaître depuis 25 ans qu’après 90 ans de vie, qu’il « dirait qu’elle fut belle »
Allei à bientôt 

lundi 29 août 2016

Gibbon à Como en casa


Ne rater pas cette expo de Gibbon. Ce  sera notre dernière . Elle durera jusqu'au 30 septembre, ensuite, Juliette exposera ses propres artistes. Nous sommes fiers de terminer notre cycle d'expo avec un tout grand . Figurez-vous que ce sera notre vingtième.
Voici  ce que Philippe dit de son expo qu'il a intitulée:
Un peu de tout
Voici pêle-mêle les habits neufs de l'empereur, de prétendues calligraphies qui résument en six traits noirs les poses pour lesquelles des jeunes femmes se sont soigneusement maquillées, coiffées et déshabillées, des croquis de de ces mêmes modèles ainsi que de leurs dessinateurs, soit à l'encre de chine,soit traités en linogravure, des images de tango qui me sont venues en écoutant Carlos Gardelcon "la frente marchita" et des sculptures faméliques qui font semblant d'être inspirées par des objets trouvés.

lundi 22 août 2016

Journal d'un restaurateur (26)

Quelle belle soirée que ce dernier samedi soir, la salle était occupée majoritairement par des groupes de jeunes (majoritairement femmes) de 25 ou 30 ans, tous enthousiastes et sympathiques. La plupart ont souhaité rencontrer Marlène et parler cuisine, bio, gastronomie…Ils sont à la fois contents de la découverte de notre resto, un peu triste quand nous annonçons la remise et nous disent qu’ils reviendront avant le 30 septembre et après pour découvrir la cuisine de Juliette. Il y avait aussi pas mal de flamands et de français. Les flamands sont toujours charmants quand on les traite courtoisement. Un couple de parisien à découvert la cabane en passant et quand ils ont appris qu’on pouvait y manger, ils y ont grimpé sans hésiter.
Au moment où je vous écris, deux cuisiniers occupent la cuisine de Como en casa et passent leur examen pour Juliette. Cela me fait  tout drôle évidemment et cela me prépare à prendre conscience que d’ici peu je devrai quitter les lieux quoi que j’y reviendrai de temps à autres si ce n’est pas pour manger ce sera pour donner un coup de main à Juliette. Mais des soirées comme celle de ce dernier samedi, quand il y a ce brouhaha dans la salle, cette ambiance de brasserie parisienne, nombre de gens sympa dont on sait qu’ils vont apprécier ce qu’on va leur servir, vont me  manquer terriblement.
Du bureau sur lequel je travaille en ce moment, j’ai vue sur les deux parties de la salle et sur la verrière de la cuisine. Je me remémore le bâtiment encombré de toutes sortes. Les trois conteneurs que j’ai rempli de plaques de plâtre, de faux plafonds et de toutes sortes de décombres qu’il fallait évacuer, puis le bâtiment vide où je passais des heures à tenter d’imaginer l’aménagement. Nous n’avons jamais conçu de plans, ni fait appel à un architecte d’intérieur. Nous n’avions aucun préconçu en fait et nous avons construit pas à pas. D’abord ouvert ce mur pour avoir une vue sur la cuisine, puis construit le mur du bar, trouvé un petit artisan pour faire les structures métalliques des tables, puis des copains qui ont aidé à faire le bois des tables, les plinthes métalliques, et peu à peu au long de la première année, acheter quelques meubles dont le bar à vin a été un élément marquant. Ce n’est que 15 jours avant l’ouverture que nous avons eu l’idée de la tablette en métal surmontant le bar, la verrière de type industriel et le porte verre. Il a à peine fallu quelques mois pour que le restaurant trouve son aspect plus ou moins définitif. Sont venues les œuvres que les artistes nous ont laissées après chaque expo, la cabane de Marie Foidart qui a aussi donné une identité forte à l’entrée, le salon bleu et rouge n’a été installé qu’il y a quelques mois et dernièrement est venu s’ajouter le podium pour les concerts et sur lequel nous avons posé la table de Véronique (que nous appelons la table VIP)
Juliette me parle des transformations qu’elle va faire, et cela me paraît très bien. Elle va apporter sa propre marque, sans rien changer de fondamental  mais en montrant que même s’il y a continuité, il y aura du neuf. Mais cela je vous le laisserai découvrir.
Beaucoup nous demandent si nous ne sommes pas tristes de quitter et d’arrêter? Oui bien évidemment avec certainement  un peu peur de nous retrouver dans le vide. Mais à la réflexion, nous nous disons ceci : nous nous sommes lancés dans la restauration sans aucune expérience. Nous voulions promouvoir un restaurant bio. Nous avons commencé dans un local préexistant, une ancienne pizzeria qui nous a permis de faire nos armes et de voir que le projet « prenait ». Puis nous avons déménagé, investi et pris des risques financiers avec nos deux associées Paquita et Julie et notre projet s’est développé, a tenu la route et aujourd’hui Como en Casa existe et a ses lettres dans le milieu de la restauration liégeoise. Le pire aurait été d’échouer mais aussi que le projet s’arrête avec notre départ. Mais voilà qu’au moment où nous décidons de remettre, parmi les trois candidats repreneurs, nous rencontrons Juliette qui veut continuer dans la même philosophie, qui a un réseau d’amis maraîchers, qui veut travailler en circuits courts et pousser un pas plus loin le végé et le végan.
Bref, notre projet devient durable et s’inscrit dans l’avenir. Que demander de plus. Ceci compense largement la petite nostalgie qui commence déjà à pointer. Vous nous manquerez, je le répète, mais nous trouverons le moyen de vous revoir
Mais, mais mais mais mais mais mais, il nous reste six semaines dont nous et vous allons profiter un max n’est-ce pas…Car même si nous allons vers la fin, cela ne nous a pas empêché de sortir un nouveau maquereau, servis sur une mousse de betteraves au raifort qui a constitué la « tuerie » de ce dernier WE. Nous allons revenir régulièrement avec nos best off quitte à les revisiter légèrement. Ce sera déjà le cas pour le plat du jour du midi cette semaine avec des lentilles au curry, feta et légumes verts qui ont fait le régal de beaucoup d’entre vous à différentes reprises. Pour les soirées du prochain WE, suivez-nous sur FB, il y aura de belles surprises. Et mon petit doigt me dit que le calamar au chorizo et  tomate ne va pas tarder à faire sa réapparition.

Allei, à très vite.

mardi 16 août 2016

LA Nouvelle

LA Nouvelle, je ne sais comment la qualifier, bonne ? Oui, très bonne même, puisque nous allons pouvoir vivre à un autre rythme, gagner plus de liberté, pouvoir faire des projets plus limités, plus souples, moins prenants, gagner du temps pour la lecture, l’écriture, le vélo, le jardin….Très bonne aussi parce que nous sommes heureux que ce soit une jeune femme, elle s’appelle Juliette, elle a 32 ans, elle a un très beau projet, elle est pleine de dynamisme et d’idées nouvelles, elle travaillera dans la même philosophie du Bon, du Propre, du Juste et s’approvisionnera en produits locaux dans un réseau de maraîchers qu’elle connaît très bien.
Le côté un peu triste de la nouvelle, c’est qu’on ne se verra plus ou en tous cas qu’on se verra moins, que vous allez nous manquer, que les jours parfois vont nous sembler vides et que le lieu qu’on a construit pas à pas va  nous manquer aussi.
Vous l’avez compris, nous avons remis le restaurant et cette remise sera effective dès le 1er octobre.
Nous ne pensions pas arrêter, nous voulions ralentir et nous avions imaginé un projet qui nous permettrait de ne travailler qu’une semaine ou maximum deux par mois. Cela s’est avéré infaisable pour toutes sortes de raisons. Et finalement, nous avons décidé de remettre pour ne pas risquer de nous abîmer la santé. Marlène et moi commencions à avoir de petits bobos et comme le disent les nouvelles disciplines de santé, «il faut écouter son corps» et malgré ma surdité, j’ai entendu.
Qu’allez-vous faire nous direz-vous ? Pleins de choses comme je le dis plus haut et bien d’autres encore. Nous ne voulons pas prendre d’engagements pour le moment, mais peut-être ferons-nous des activités qui nous permettront de nous revoir de temps à autres. Sachez déjà que les concerts et les expos continueront et que j’y serai un peu partie prenante. Je vous en parlerai dans les prochaines semaines bien sûr.
Mais cela vous oblige maintenant. Vous voilà presque forcés de venir au moins deux fois à Como en Casa : une première fois avant le 1er octobre pour déguster une dernière fois notre cuisine. Nous allons d’ailleurs profiter des six semaines qui nous restent pour vous servir tous ce que vous avez aimés chez nous ; et une deuxième fois après le premier octobre pour découvrir tant le réaménagement du lieu que la cuisine que notre amie et nouvelle restauratrice va vous concocter.
Une chose est sûre, c’est que vous allez y gagner au change : fini d’être servi par un vieux tremblotant qui semble souffrir du parkinson, sourd de surcroit et qui vous donne l’addition quand vous demandez une tarte au citron,  qui siffle un verre chaque fois qu’il doit en servir un aux clients et j’en passe. Dès le premier octobre, vous aurez en salle la grâce, la classe, le sourire et le professionnalisme allié à la gentillesse.
Allei, passons aux choses sérieuses, le menu de midi dés mercredi et pour cette semaine : En entrée, un gaspacho de concombre au yaourt suivi d’une bruschetta d’aubergines et poivrons grillés, en plat un miso que vous pourrez choisir végan ou aux œufs, le dessert sera au choix. Dès jeudi la carte du soir sera sur FB.

Allei, on se revoit avec grand plaisir quand vous voulez.

lundi 4 juillet 2016

A côté du journal d'un restaurateur

Je vais un peu laisser de côté mon « journal d’un restaurateur » pour ces deux mois de vacances. Cela ne m’empêchera pas de vous tenir informer des dates d’ouvertures de Como en casa durant ces congés. Juste vous dire que notre dernier WE a été assez bon pour un WE de départ en vacances et de…football. Samedi nous avons terminé la soirée avec Antonio et sa compagne artiste Léna Mariel. Antonio est cuisinier, de quoi avons-nous parlé à votre avis…..
Mais je suis restaurateur Et citoyen et comme tout le monde, j’ai suivi avec intérêt le référendum anglais sur l’Europe.
Le journal Le Soir a édité un cahier spécial intitulé « LEMONDEAPRESLE BREXIT ». Vingt personnalités ont été appelée à s’exprimer, dont beaucoup regrettent le vote, répètent des lieux communs sur l’importance de l’Europe et ne se posent aucune question sur les causes qui ont créé ce résultat. J’ai par contre beaucoup apprécié deux interventions, celle de R.J. Ellory - écrivain britannique - et celle de Michel Onfray, le très connu philosophe. Il se fait que j’aime beaucoup les romans policiers de Ellory que j’ai découvert un jour par hasard en achetant un bouquin dans un aéroport. Voici ce qu’il dit du Brexit en substance :
« d’un point de vue personnel, ma relation avec mes lecteurs, collègues et amis, dans l’ensemble de l’Union européenne n’a jamais été influencée par le fait que nous étions tous membres de la même union politique.
……...
Au cours de mes nombreuses années de voyage, je n’ai jamais rencontré que des visions communes de ce qui compte vraiment dans la vie : la sécurité pour soi et sa famille, pour les groupes et organisations que nous soutenons, le droit de travailler, le droit à la liberté d’expression, le droit de penser ce que l’on veut. Ces choses sont la colonne vertébrale de toute société démocratique, et elles ne sont pas remises en questions par la décision du Royaume-Uni de quitter l’UE. Ces questions vitales restent de mise. Selon moi, cette décision ne reflète en rien des attitudes raciales ni le souhait du Royaume-Uni de se séparer de l’Europe en tant que culture ou société. Je pense que cette décision traduit simplement le souhait des gens de se gouverner eux-mêmes, de définir leurs propres lois et d’élire et congédier leurs propres responsables politiques. Ils veulent que les législateurs soient responsables vis-à-vis de ceux concernés par les lois qu’ils créent ».
……..
Michel Onfray va dans le même sens, mais son point de vue traduit une saine colère et est beaucoup  plus dur et percutant : « Précisons d’abord que je me réjouis de ce vote  Ajoutons que je suis sidéré par la haine des perdants, une haine qui signale l’ampleur du mépris des peuples auxquels sont arrivés ceux qui nous gouvernent et dont on découvre le degré de collusion….La haine du peuple est parvenue à un degré maximal. Elle rejoint celle des dictateurs du XXe siècle……Après le vote, il faudrait voter à nouveau ! Contre le vote, il faudrait déclarer l’indépendance de Londres ! En explication du vote, on ne va pas chercher bien loin : des racistes, des xénophobes, des vieux, des incultes, des ploucs ! On nous prédit l’apocalypse qui ne viendra que si cette dictature libérale décide de détruire le mauvais élève qui a osé dire au professeur qu’il en avait assez de son injuste magistère. Ce vote a au moins le mérite de tirer le rideau et de voir ce qui se trouve véritablement derrière l’Europe libérale : la brutalité du monde de l’argent couplée à la haine de la souveraineté des peuples.
……
Le libéralisme, que je définis comme le marché faisant la loi, est la peste de notre époque. Depuis Maastricht, cette idéologie règne sans partage…..
……
Il faut que l’Europe se fasse d’abord par la culture et non par l’argent, par la mémoire du socle commun et non par les profits, par l’histoire partagée et non par la promesse de bénéfices….Il faut que le peuple, le petit peuple, les gens modestes, les humbles, ne fassent pas les frais de la paupérisation mécaniquement générée par le libéralisme. On ne saurait longtemps humilier des peuples sans qu’un jour la colère advienne. Pour l’heure la colère prend des formes démocratiques. Ne pas répondre démocratiquement à cette colère démocratique c’est conduire les peuples vers la colère non démocratique.
…….
Voilà pour Michel Onfray. Qui a dit un jour, « l’Europe a été le moyen pour les maîtres de l’économie, de contourner les Etats et la démocratie pour imposer leur néo-libéralisme et la dictature du marché. » Les Grecs en savent quelques choses….Nous en savons aussi quelque chose. On nous a mis comme président européen un homme qui a œuvré toute sa vie a développer et protéger un paradis fiscal au cœur de l’Europe, je parle du Luxembourg bien sûr. Ce président (Juncker), qui déclare à propos de la Grèce : « aucune démocratie ne peut aller contre les règles européennes. »
Allei, ne désespérons pas des hommes. Comte Sponville disait, « L’espoir n’est pas la valeur dont nous avons besoin. Ainsi je n’espère pas lever la main, je la lève. On ne vit pas d’espoir, on vit d’action. »
A la semaine prochaine et pour ceux qui partent en vacances, bonnes vacances. Nous nous restons au poste jusqu’au 16 juillet inclus.