jeudi 22 mars 2012

cachez-vous sous les bancs (2)


J’entends alors deux bruits très forts, deux bangs qui résonnent assez longtemps, que je n’ai aucun mal à identifier. Ce sont deux énormes portes qui se ferment, tellement lourdes que les vibrations se font sentir sous mes pieds. Je m’aperçois que mes mains et tous mes membres trembles, y compris les genoux, je sens déjà le froid et l’humidité qui me transperce, mais je sais pertinemment que c’est la peur qui m’envahit. J’ai envie de pleurer, d’hurler. J’y parviens avec difficulté tant ma gorge est serrée, à m’étouffer. Stupidement, je demande, avec la voix d’un enfant terrorisé « qui est là ? » Sans réponse bien entendu. J’ai de nouveau le sentiment d’être complètement ridicule, mais je parviens quand même à me maîtriser suffisamment pour dire d’une voix forte et en colère « assez joué, qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? De nouveau seul l’écho me répond.
Une enclume s’est posée sur ma poitrine, j’ai subitement peur d’une crise, il faut que je me ressaisisse, que je prenne l’initiative, je me suis avancé trop loin, je dois maintenant aller de l’avant. Je m’avance donc sur le chemin balisé de bougies. Elles ne m’éclairent que faiblement sur ma gauche, ma droite est faite de ténèbres, je pense qu’il y a un mur, mais je n’ose m’en approcher. Le sol devient pentu et glissant, de plus en plus pentu et glissant. Je suis tout à coup surpris par un envol, ce ne peut être un oiseau dans le noir. Une chauve souris, pensais-je. Une chauve souris, mon hantise. Malgré mon âge, deux choses me font peur dans le noir : une nuée de chauves-souris qui m’entoureraient, un monstre qui surgirait derrière moi. Or derrière moi, les bougies s’éteignent immédiatement après mon passage et désormais, plusieurs chauves souris, sans doute aussi paniquées que moi virevoltent dans tous les sens. J’essaye de courir, mais la boue est glissante, je m’étale alors que le sol est devenu un vrai toboggan sur lequel je glisse sur une distance qui me paraît être de 15 ou 20 mètres. J’arrive tout à coup dans une zone suffisamment éclairée pour me permettre de voir que je fonce vers un mur. Dans ma glissade, je réussis à mettre les deux pieds en avant, jambes pliées et à amortir le choc contre le mur. Malgré tout, je suis légèrement sonné et il me faut quelques temps pour me ressaisir, reprendre conscience de ce qui se passe. Mes vêtements sont trempés et boueux. Ma veste en peau est fichue. Je sens une puanteur m’envahir et je comprends aussitôt que j’ai marché et glissé dans ce qui devait être les excréments des chauves souris.
La clarté est très faible et semble provenir de ces petites ouvertures grillagées dans le mur, de meurtrières recouvertes de grilles. Je me dirige vers l’une d’entre elle et de l’autre côté, j’aperçois des murs blancs, carrelés, des armoires, des chariots de services, un peu comme des tables roulantes. C’est évident, ce sont les sous sols de l’hôpital de la citadelle. Ils n’ont pas l’air d’être fréquentés, sans doute le système domotique du bâtiment déclenche l’éclairage sur les deux ou trois niveaux de sous sols. C’est un faible éclairage mais quand même plus qu’un éclairage de secours. Ma vue s’y habitue et je vois que tout ce mobilier est poussiéreux, peu ou pas utilisé et que donc cette partie du sous sol est peu fréquentée. Je crois deviner ce qu’il en est. Lors de la construction du CHR, on a sans doute évité de combler toutes les cavités de l’ancienne caserne, on a préféré construire des murs, quelques ouvertures d’aération, sans doute quelques part une porte en tôle zinguée, permet une communication mais  indique « passage interdit » ou « réservés au service de sécurité », ou que sais-je encore. Mais l’espoir est trop grand et je dois saisir cette chance « Y a-t-il quelqu’un ? Eh, oh, vous êtes là ? » Cela raisonne mais je n’obtiens pas de réponse et je n’entends venir personne. Je me déplace le long du mur dans l’espoir d’y trouver une porte, de pouvoir y frapper du poing, de faire un boucan d’enfer impossible à ne pas entendre à un autre niveau.
En me déplaçant, e m’aperçois que le mur est fait de grands cadres, entourés de moulures et séparés l’un de l’autre de 50 cm. J’ai déjà parcouru au moins dix mètres et je ne vois pas la fin de ce mur. Il y a des peintures dans ces cadres, sont-ce des toiles ? J’observe d’un peu plus près, et je découvre qu’il s’agit de collage de journaux, surmontés d’un titre ! Non, ce n’est pas un titre. Le tableau devant lequel je suis, plus éclairé que d’autres grâce à la proximité d’une ouverture grillagée, est fait de journaux collés ou punaisés et plastifiés. Des journaux écrits en espagnols ! Le cadre, qui fait deux mètres d’hauteur et un mètre trente ou quarante de largeur est surmonté du nom ARGENTINE.
Les journaux ont pour titre Clarin , La Nacion, La Voz. Je ne suis pas un spécialiste de l’Argentine mais je reconnais sur les journaux les photos du dictateur Videla, de Peron, de Marradona beaucoup plus bas.
Je me déplace vers la gauche pour déchiffrer l’autre tableau voisin. Les ETATS UNIS. Je reconnais les titres New York times, Washington post. Je reconnais la photo de l’assassinat de Kennedy, une autre de Martin Luther King, Il y a une photo qui semble être tirée de la guerre de sécession ??
Le tableau suivant  est l’ITALIE, le suivant le Sénégal, ensuite vient le Brésil, l’Inde. Cela a l’air d’être installé sans ordre rationnel, ni par continent, ni par ordre alphabétique, ni par importance de la population. Qui a pu s’amuser à cela et qu’est-ce que cela peut vouloir dire. Je passe et repasse devant les tableaux. Le cadre italien, parle de Garibaldi, de Mussolini, de l’assassinat d’Aldo Moro. Et je crois commencer à comprendre, on a rassemblé là des unes des grands journaux des pays, unes qui reprennent les événements essentiels dans leur histoire. Mais oui, c’est cela Peron, marradona, Videla pour l’Argentine. Kennedy, la guerre de sécession pour les Etats Unis, Helder camara et Lula que j’ai reconnu sur les unes de La Folha ou correo Popular du Brésil, Sédar Senghor sur la une de L’Aurore sénégalais, Julius Nyerere sur le Dayli news de Tanzanie.  Je suis presque sûr que c’est de cela qu’il s’agit, une sorte d’exposition sur l’histoire des pays de la planète. Il doit bien y avoir une centaine de ces tableaux. Ce mur semble très long. Quelque chose  de plus m’intrigue pourtant : sur chaque Une, un article de bas de page, moins important donc, est entouré de rouge, encadré, à la manière de William Klein. On a voulu attiré l’attention sur ces articles. Pour le peu que je comprenne, ils font allusion à des mouvements sociaux, à des personnes arrêtées ?? Je ne saisis pas le sens mais à l’évidence, il y en a un.
Soudain, je m’aperçois qu’il y a des bouteilles au pied du tableau d’Italie devant lequel je suis. Je jette un œil à gauche et à droite et il y a des bouteilles couchées et empilées devant chacun des tableaux. Elles sont poussiéreuses et grasse. Impossible de voir ce qu’elles contiennent.  Un bouchon est posé sur chacune d’entre elles mais sans être tout à fait enfoncé. J’en ouvre une et découvre qu’y sont roulées des feuilles à l’intérieur. Je sors les papiers, ce sont des lettres manuscrites. Celle-ci s’intitule, « Questo e la mia storia » à droite un nom : Giovanni Nobile. Je lis, les mains tremblantes, continuant de me demander qui a eu cette idée, cette obstination à rassembler journaux et histoires d’individus. La lettre est écrite à la première personne et raconte l’enfance de l’auteur dans un village des Pouilles, on y retrouve les noms de ses parents, de ses nombreux frères et sœurs. Giovanni y égrène ses souvenirs d’enfance, bons et mauvais, il finit par expliquer pourquoi il a du quitter l’Italie, pour quoi et comment il est venu en Belgique, comment s’est passé son arrivée…Je retire d’autres feuilles de la bouteille, chacune raconte une histoire et il est évident que toutes ces personnes ont quitté l’Italie pour venir en Belgique. Je retourne vers Argentine, j’ouvre une bouteille et m’aperçois qu’il s’agit la aussi d’histoire semblable. Idem a à Sénégal. A Amérique, je m’aperçois, avec le peu de connaissance que j’ai de l’anglais qu’il s’agit de soldats américains venus se battre lors de la deuxième guerre mondiale. Je suis ébahi, émerveillé, j’en oublie les circonstances qui m’ont emmené là, j’en oublie presque le lieu où je suis et je ne me pose même pas la question de comment je vais en sortir. Je m’aperçois que de nouveau mes mains tremblent, non plus de peur mais d’émotion. L’émotion produite par ce que je viens de découvrir et surtout par le fait que quelqu’un  a passé sans doute des années à rassembler ce matériau, à le protéger, à l’exposer. Pour qui dans le fond ? Pourquoi exposer tout cela dans un lieu où personne ne vient et ne viendra jamais ? Je réalise tout à coup que l’on m’a attiré dans ce lieu, quelqu’un a voulu que je voie cette exposition. Ainsi, on ne me voulait pas de  mal mais on voulait me montrer ce trésor !! Je pense être un privilégié et crois tout à coup que je vis une aventure exaltante
Je tressaille tout à coup, un bruit de pas se fait entendre dans le corridor éclairé de l’hôpital. Quelqu’un s’approche, c’est évident. Mes doigts s’accrochent aux grilles, je suis fou de joie, je me prépare à crier mais deux individus, sortis de nulle part, surgissent sur ma droite, m’empoignent violemment et me plaquent au sol. Deux autres surgissent sur ma gauche, je veux crier mais une main écrase ma bouche, je vois un des hommes dont je ne distingue pas les traits sortir une seringue, on me découvre le ventre, j’ai beau me débattre, rien n’y fait, on me fait une piqûre dans le ventre, mes cris sont étouffés, mes jambes et mes bras sont entravés. Ils veulent ma mort. Mes yeux implorent pitié et doivent sans doute exprimer la terreur qui s’empare de moi. En quelques secondes ma vue se brouille, j’essaye de m’accrocher à la vie et n’ai que le temps de prendre conscience, une fraction de seconde, qu’on m’a anesthésié et que je sombre dans le sommeil le plus total.

jeudi 15 mars 2012

Cachez-vous sous les bancs

Cachez-vous sous les bancs


J’ai promis de vous conter les événements terribles qui me sont tombés dessus cet hiver et qui ont chamboulé ma vie. Ce récit me prendra quelques semaines. Désolé. J’essayerai de vous faire parvenir les suites chaque jeudi. Si j’arrive à vous écrire deux fois par semaine, je ne manquerai pas de le faire.
Pourquoi vous raconter tout cela ? Peut être pour vous convaincre que l’aventure est souvent là où on l’attend le moins, qu’il suffit parfois de franchir une ligne, un petit obstacle qu’on préférerait éviter. Si je vous raconte, c’est que j’en suis sorti vivant. Ai-je bien fait de transgresser cette ligne? Je ne peux pas vous le dire aujourd’hui, je ne le saurai que dans très longtemps, très très longtemps.
Dés la venue des grands froids, j’avais remplacé mes sorties à vélo par des marches. J’ai toujours particulièrement froid aux genoux et le vélo exige des genoux en pleine forme si je puis dire. D’autre part, faute de lunettes adéquates, j’avais ramassé une petite conjonctivite que je n’ai pas voulu aggraver. Donc va pour la marche. Indispensable ai-je lu, si on veut éviter encrassement des artères et autres conduits sanguins, crises d’angor et autres ennuis cardio-vasculaire. Mes recherches à ce sujet sur internet m’ont appris que le froid et l’hiver sont propices à ce genre d’accidents et que nombre de personnes de mon âge qui ne pratiquent aucune activité physique, sont victimes d’accident cardiaque au moment où…ils déblayent la neige. Bref, je n’avais pas envie de perdre le bénéfice des mois de pratique du vélo auquel j’avais pris goût, il fazllait que j’entretienne mon corps autant que mon esprit
J’allais marcher pratiquement tous les jours autour de la citadelle. J’allais jusque là en voiture, me garais le plus souvent dans la rue des Glacis et marchais trente à quarante minutes, ce qui me permettait de faire deux fois le tour de la citadelle, qu’il pleuve, qu’il neige et qu’il fasse moins 10 degrés comme cela a été le cas à plusieurs reprises. J’adore l’endroit, on y croise peu de monde, et presque tout le long, on a une belle vue sur une variété de paysages : le Thiers à Liège, Droixhe, Saint Léonard, Hors Château et enfin le centre ville et la Meuse. J’ai d’ailleurs fini par repérer le bâtiment où nous installerons bientôt notre restaurant et me suis promis de tenter de suivre les travaux à partir de ce point de vue.
Régulièrement, je fais un détour par l’enclos des fusillés. J’avais un jour découvert cet endroit par moi-même -je ne suis pas un vieux liégeois-  alors qu’on ne m’en avait jamais parlé ni mentionné  son existence. Une fois découvert, j’avais bien entendu régulièrement pris le temps d’étudier son origine et son histoire. Mes recherches m’apprirent que la citadelle avait gardé sa fonction de caserne jusqu’au début des années soixante, qu’en 1974, elle avait été en grande partie rasée pour faire place à la construction du CHR et que durant la deuxième guerre mondiale, les allemands l’avaient occupée et en avaient fait un lieu de détention et d’exécutions  des membres des réseaux de résistance. Ce sont les tombes de ces résistants qui emplissent l’enclos.
416 croix y sont plantées, 416 tombes y sont creusées, dont seules aujourd’hui 98 sont, si je puis dire, « occupées » et restent des sépultures, les autres corps ayant été rendus à leur famille. 10 nationalités différentes ont été victimes de ces exécutions: 377 belges, 10 luxembourgeois, 10 polonais, 10 russes, 6 français, 4 hollandais, 1 espagnol, 1 italien, 1 serbe et 1 arménien. C’est dans ce qui s’appelait le bloc 24 qu’étaient détenus les prisonniers, bloc 24 aujourd’hui disparu dans la démolition des années soixante et septante. Mais mes aventures allaient m’apprendre que les bâtiments, les grands édifices en tout cas, ne sont jamais entièrement rasés et ne disparaissent jamais totalement.
Du bloc 24, les prisonniers étaient amenés par un court tunnel dans un petit enclos où se trouvaient les poteaux d’exécutions. Un de ces poteaux est aujourd’hui serti dans un bloc de pierre bleue à l’entrée du site.
Hommage soit rendu à tous ces combattants morts pour la liberté et je ne pouvais commencer cette histoire sans rappeler leur existence, même si leur existence n’a pas de rapport direct avec ce qui m’est arrivé. Mais ce sont eux qui m’ont amené régulièrement sur les lieux et c’est sur ces lieux que les choses ont commencé, que j’ai été happé par un monde que je ne soupçonnais pas.
La construction du CHR a démarré en 1974 et la construction du gros œuvre a pris quatre ans. Un des raisons de la durée de ces travaux est la présence sur toute la colline de la citadelle de nombreuses galeries souterraines ainsi que de nombreux puits verticaux puisque la citadelle a été dés le 17 ième siècle un lieu d’extraction houillère. A tel point que 650 pieux forés allant jusqu’à 12 m de longueur ont été nécessaires pour ancrer le nouveau bâtiment dans la roche.
Lors de mes nombreuses visites à l’enclos des fusillés, j’avais pris pour habitude d’en faire le tour complet, de descendre vers le lieu des cérémonies devant l’autel et de pénétrer dans la petite cour en face du tunnel qui conduisait dans le temps au fameux bloc 24. Ma première sortie de janvier, eu lieu juste le lendemain du départ de Bégonia, la sœur de Marlène et de son fils Paco qui étaient venus passer les fêtes de fin d’année avec nous. On devait donc être le 6 ou 7 janvier. J’avais remarqué en descendant les escaliers au fond de l’enclos, au dessus de la courette où avaient lieu les exécutions, que le sol avait été récemment piétiné. J’avais été intrigué mais avais assez vite  mis cela sur le compte d’enfants qui y seraient venus jouer ou d’une visite d’un groupe quelconque de touristes et n’y avait plus pensé. Mais, en passant le porche qui conduit au tunnel, j’avais eu le sentiment bizarre d’être épié et d’avoir perçu, une fraction de seconde, le bruit de quelqu’un- une personne, un animal- qui se déplaçait. Une fraction de seconde, un reflet anormal du soleil m’était apparu à l’entrée de la galerie. J’avais tressailli et, par peur ou par paresse, je n’avais pas voulu pousser la réflexion et l’investigation plus loin et m’était éloigné rapidement pour continuer ma marche.
Mais j’y avais repensé le soir et une bonne part de la nuit. J’étais persuadé que quelqu’un s’était bien caché, que ce n’était pas un jeu d’enfant. J’avais également écarté l’idée que cela put être un couple d’amoureux cherchant un endroit tranquille. Quelles raisons aurait poussé un couple à m’observer? Non, j’avais la quasi certitude d’avoir été observé et étais presqu’aussi certain que celui, celle ou ceux qui m’observaient, voulaient que je le sache. Habituellement, j’adore les insomnies. Elles me permettent de rêver, de retourner dans le passé, de réveiller des souvenirs, de tirer aussi des plans sur la comète et de rêver à des futurs faits de bonheur et de plaisirs. Mais cette fois, ma nuit fut exécrable et agitée comme elle ne l’avait plus été depuis longtemps.
Evidement le lendemain, je ne résistai pas à l’envie de retourner sur place, de refaire le même parcours. De nouveau, j’eus cette impression d’être observé et cette fois aussi cette impression que quelqu’un voulait m’attirer dans la galerie. Un frôlement, la vision, éphémère et douteuse,  que juste au-delà de la clarté projetée de l’extérieur, une ombre se déplace. Si au bout de ma nuit blanche, j’avais fini par me dire que ce que je croyais avoir vu n’avait jamais existé, là, cette fois, c’était indéniable, il  se passait quelque chose. Je me décidai à appeler, « ohé, il ya quelqu’un ? » «  Pourquoi vous cachez-vous ? » Bien entendu seul l’écho suivi du silence me répondirent. Je me sentais ridicule et vérifiai que personne ne m’observait dans les alentours.
Que faire ? Raisonnablement, je devrais laisser tomber, reprendre ma promenade, oublier cette histoire qui n’en est pas une. Peut être s’agissait-il simplement d’un rat ou d’un chat apeuré. Mais comme souvent dans ces cas là, la curiosité prend le dessus sur l’inquiétude, vous vous approchez malgré vous, vous vous dites qu’après tout, les allemands ne sont quand même plus là, ce tunnel ne doit pas conduire bien loin, c’est de la déco !! A ton âge, on n’a plus peur du noir quand même !
Je me décide donc à faire deux trois pas, très lentement, scrutant les ténèbres au-delà de quelques mètres, tentant de voir si au bout c’est le vide ou un mur qui m’attend. Et puis, encore un frôlement, encore une ombre qui fait un mouvement rapide. Je prends alors conscience que si je vais plus loin, si je franchis cette zone, tout va basculer, que je risque de découvrir des choses qu’il vaut mieux ignorer, que ma vie ne sera plus la même. Mais c’est trop tard, cette ombre existe bien, j’en ai maintenant la certitude, je me refuse à une nouvelle nuit blanche, mieux vaut essayer d’y voir clair, de comprendre, cela ne peut être bien dangereux, c’est un petit jeu, une petite blague. Quelqu’un veut me faire peur…
J’ai sur moi un stylo lampe qu’une firme m’a offert avec l’inscription « Como en Casa ». Publicité gratuite pour un outil publicitaire. Je l’allume. L’éclairage est faible mais me permet de voir le bout de mon pied et d’avancer peu à peu, centimètre par centimètre, évitant de tomber dans un vide éventuel. Je me retrouve devant un mur de pierre, je tente de prendre à droite mais un autre mur m’arrête. La pierre suinte l’humidité dont est chargé l’air presque poisseux. Par contre un espace s’ouvre sur la gauche, j’y vais en tâtonnant, je marche sur de la boue peu épaisse mais très liquide. Apres quelques mètres de nouveau un mur, je tends le bras sur la droite, rien ne l’arrête, je fais quelques pas, me retrouve dans un espace dont j’ignore la mesure. J’avance m’appuyant au mur et contourne de nouveau un angle. Et là, surprise, un chemin de bougies posées à même le sol semble avoir été posé pour moi. Il doit y avoir une vingtaine de bougies sans doute distantes d’un mètre. Le corridor semble assez large. Cette fois il n’y a plus de place pour le doute, « on » m’invite vers quelque chose, je dois décider si je continue.
Mais j’ai pleinement conscience  à ce moment qu’il est trop tard, qu’un retour en arrière n’est plus possible.

jeudi 8 mars 2012

On reprend

Je vous avais promis et bien voilà, je m’y remets. Ma dernière news date du 26 janvier. J’espère que je…vous ai manqué. Que s’est-il passé depuis lors ? Pas énormément de choses : nous avons reçu nos deux petites fille, Elina 5 ans, fille de Vincent et Cristelle et Elsa, bientôt 4 ans, fille de Dimitri et Delphine. Quatre jours de joie, de dessins animés (c’était durant le festival « Anima ») et de stress (rattrapé Elsa qui se faisait un plaisir de s’enfuir vers la route où passaient les voitures.)
Ensuite une semaine de bonne grippe avec une fièvre à presque 39°, ensuite une déprime due à la situation socio économique (et je me suis dit que je n’allais pas vous ennuyer avec les états d’âme politique et que ce n’était pas pour cela que vous m’aviez donné votre adresse) et puis, au moment de reprendre mes lettres, rechute, re-grippe, dont je ne suis pas tout à fait remis.
Bon, le moral est bon, donc ne vous tracassez pas. J’ai fait de la marche assez régulièrement et avant ma dernière grippe, j’ai repris le vélo et fait une quinzaine de km de remise en jambe, dans mon circuit habituel. J’ai vu que des maisons pour lesquelles il y avait enquête d’urbanisme était en pleine construction, que des maisons à vendre étaient vendues, que d’autres maisons étaient maintenant à vendre. Pour le reste, rien de changé dans le paysage et les rudes journées de gel n’ont pas l’air d’avoir trop abimés les routes. Je me demande juste si ce premier tour à vélo n’est pas la cause de mes yeux gonflés et de ma gorge enrouée. Je devrais peut être achetés des lunettes spéciales.
J’ai lu bien sûr : le meilleur « Les chaussures italiennes ». Une merveille de roman de vie quotidienne. Merci Alicia et Sabine qui m’avaient recommandé ce livre. J’ai bien aimé aussi « Comedia infantil »  du même Henning Mankell, ainsi que « Presque mort » de Ake Edwardson. C’est le premier livre de cet auteur que j’aborde, c’est le dixième et dernier épisode des aventures du commissaire Erik Winter. Donc Anne, si tu as ces neuf premiers, cela m’intéresse. J’ai essayé à plusieurs reprise de m’attaquer à « Dans la grande nuit des temps » de Antonio Munoz Molina, dont j’ai pourtant adoré plusieurs livres, ici rien à faire, après quarante pages et deux reprises, je n’ai toujours pas mordu et comme pour moi lire doit être un plaisir, j’ai éliminé.
J’ai pris peur évidement et me suis demandé si je n’avais pas pris gout à la littérature mineure depuis Millénium et autre policiers scandinaves ?? Marlène m’a remis en mains « le jeu de l’ange » de Carlos Ruiz Zafon (auteur de « L’ombre du vent »). Je l’ai relu en deux jours durant lesquels je n’ai adressé la parole à personne, je crois. Entretemps j’avais refait un petit détour par De Vigan et son « No et moi », avec l’impression de retrouvé une autre Lisbeth Zalender. (S ou Z ?)
Ben oui, voilà, une vie de pensionné durant l’hiver. J’attrape d’ailleurs des routines, retour le matin d’avoir conduit Marlène, lecture des journaux, remise en ordre de la cuisine, mise à jour du courrier électronique, petite marche quotidienne, fabrication du pain, préparation du repas du soir…Oui mais voilà, c’est souvent dans ces routines que surgissent de grandes et terribles aventures. Au détour d’un mur, une apparition soudaine, tellement rapide qu’on se demande si elle a eu lieu. Puis la fois suivante, un reflet du soleil, un petit éblouissement à un endroit où il ne devrait rien se passer. La curiosité qui prend le dessus sur la peur et l’inquiétude. Vous vous approchez malgré vous… J’ai beau me dire à ce moment, « laisse tomber, passe ton chemin », j’ai beau avoir pleinement conscience que si je franchis cette zone, tout va basculer, je vais pénétrer un nouveau monde et ma vie ne sera plus jamais la même. Vous le savez, je le sais mais il est déjà trop tard, j’ai vu, j’ai vu l’amorce, l’étincelle, le petit morceau d’une vie que je n’aurais pas du voir et il était  déjà trop tard.
Je vous raconterai, je suis déjà en train de vous décrire ce monde que j’ai découvert, qui m’a tenu éloigné des miens durant des jours et des semaines, un monde que vous ne soupçonnez pas, que l’on ne peut pas soupçonner. Un monde où des centaines de personnes survivent, se battent, meurent. J’y ai plongé, la peur au ventre, j’en suis sorti mais pas indemne car on ne sort pas indemne d’une vie dans les entrailles et les catacombes. Je vous raconterai, peut être déjà la semaine prochaine.
Entretemps, le repas du 9 mars a du être reporté, seulement quarante inscriptions. C’est trop peu. Nous l’avons transformé en auberge espagnole qui aura lieu à 19 heures au local de VEGA, au 427, rue Vivegnies.
Allei, morituri te salutam.

jeudi 26 janvier 2012

pèle mêle

Plusieurs nouvelles à vous donner, commençons par les plus gaies
-    Hier soir, nous étions huit à recevoir, au cours d’une cérémonie officielle, mais néanmoins sympathique à l’ambassade de Pologne, une « médaille de la gratitude » pour notre action en appui à Solidarnosc durant les années clandestines après le coup d’Etat de Jaruzelski en 1981. Nous organisions à l’époque des « convois » humanitaires » et sous couvert de ces convois apportions à Solidarnosc outre un appui moral, une aide matérielle et intellectuelle : encre d’imprimerie, matériel de sérigraphies, émetteurs  et récepteurs radio, tracts imprimés, formations etc. Ils n’ont pas oubliés, aujourd’hui, un « Centre Solidarnosc » a vu le jour, chargé de rassembler une documentation historique sur le mouvement et le réseau d’appui à ce mouvement.
-    Je vous raconterai cela en détail un de ces prochains jours. Toujours est-il que la soirée fut bonne, le discours officiel de l’ambassadeur, simple et pas long et la réception avec petit orchestre de chambre tout ce qu’il y a de plus classique, avait quelque chose de désuet mais tellement poétique. La Pologne est un pays de culture et de tradition classique depuis toujours qui porte avec elle une nostalgie quoi fait parfois du bien dans notre monde chaotique. Nous nous sommes bien moqués de nous-mêmes, nous disant que notre action de l’époque partait à la fois d’un élan de solidarité, d’une révolte contre un système invivable que d’un désir d’aventure. Nous avons eu peur quelques fois, mais nous avons appris, souvent et nous avons vécu des aventures et des rencontres humaines très fortes. Aujourd’hui la Pologne est un pays libre, démocratique et…très à droite. Au moins les polonais ont ce qu’ils veulent et la possibilité de choisir leur route sans risquer la prison ou la vie.
-    En matière de bonnes adresses : nous avons été manger, la semaine dernière, avec Fabrice et Eliane, à la « Manufacture », restaurant branché et très couru de Bruxelles. Il se situe au 12, rue Notre Dame du sommeil en plein centre ville, pas très loin d’Antoine Dansaert. Le lieu est une ancienne maroquinerie, les sacs Delvaux, dont l’architecture industrielle a été respectée et mise en valeur et est splendide évidemment. La cuisine est gastronomique, assez sophistiquée, mais pas mal. Nous étions porteur d’un Bongo mais compter 50 € le couvert sans les boissons. Allei, je vous donne des détails, en entrée j’ai eu une mousse de foie gras que je n’ai pu manger jusqu’au bout. C’était magnifiquement présenté mais la mousse était écœurante ( je n’aime pas être négatif mais voilà), quand même un détail, une praline à base de betterave rouge, surprenante. En plat j’ai choisi un civet de marcassin. Le civet n’était pas terrible pas contre les accompagnements étaient très beau, variés et très fins : purée de patate piquée de divers chips de légumes, minuscules carré de fromage fondus simplement par la chaleur de l’assiette et cannelloni dressé et farci d’une purée de patates et céleris raves. (la pâte du cannelloni était froide et la purée tiède). Le fromage était délicieux, le tatin aux pommes et sa glace parfait. On s’est quand même posé la question de savoir si c’était de la cuisine maison ou du « préfabriqué », autrement dit si les ciseaux et le bain marie fonctionnent plus que les couteaux et les fourneaux. La tiédeur et la texture des légumes fait penser au bain marie. Il y a à peu près cent places disponibles au rez sans compter la mezzanine. Bref, comme il ne faut jamais juger sur une première fois, je vous dirais, allez-y, prévoyez la soirée, essayez de vous faire offrir un bongo et vous passerez une belle soirée entre amis. Ah oui, si vous y allez en voiture, ne cherchez pas de place pour vous garer, vous risquez de tourner des heures, mais remettez vos clés à l’entrée et la maison se charge de garer votre voiture et d’aller la rechercher ensuite. Ce que je n’ai pas fait car je ne vais plus en voiture à Bruxelles, le train est trop pratique.
-    Puisque nous sommes sur Bruxelles, cela fait deux soirées que nous y passons et les deux fois, nous sommes passés dans la rue des Chartreux (tout près de Notre Dame du sommeil) qui devient une des nouvelles rues branchées de Bruxelles avec la rue du vieux marché aux grains. Elle est facile à trouver : le dos à la bourse, vous prenez la rue Antoine Dansart, au premier feu rouge, prenez à gauche et immédiatement à droite en biais derrière le magasin Bellerose. Vous y êtes, la rue est peuplée de boutique de déco, de galeries d’art et de cafés-bar grand et surpeuplés, de salon de thés et de pâtisseries. Bref de quoi réussir une après midi et soirée  entre amis  C’est là que se trouve le Greenwich, l’un des plus vieux café-brasserie mythique de Bruxelles où se rassemblaient, joueurs d’échecs et amateurs de discutions politico existentielles. J’emploie l’imparfait car le Greenwich est fermé pour le moment et les habitués désespèrent de sa réouverture. Mais enfin, cela ne change pas fondamentalement l’attrait de la rue des Chartreux et des rues environnantes en pleine explosion. (Cela vaut pour les prix des maisons également).
-    Ce qui se passe au plan social et politique me révolte. On dirait que la presse et singulièrement Le Soir, ont décidé de « noircir » la grève et les syndicats. Pas un jour sans qu’on ne donne la parole à l’un ou l’autre politicien pour s’attaquer à « l’irresponsabilité » des syndicats. Ce matin c’est Toback-fils qui dénonce : « une grève générale c’est une bombe atomique », rien que cela. Si c’est pas objectif ça, une bombe atomique !! Et ce sont des gens de gauche qui nous sortent cela. « Si c’était la droite ce serait pire nous dit Toback. Faux. La droite ne sait pas faire de l’austérité. Il faut la gauche pour s’y substituer et faire avaler la pilule sous couvert de « sauvetage du pays ». C’est vrai pour la Belgique, comme cela l’a été pour l’Espagne et le Portugal. La droite espagnole annonce aujourd’hui qu’elle ne privatisera pas les aéroports comme l’avait prévu le PSOE, la droite grecque annonce qu’elle ne peut pas aller plus loin dans les économies budgétaires et négocie l’effacement de 100 milliards de dettes. C’est le FMI qui maintenant demande de ne pas aller trop loin dans la rigueur qui risque de tuer toute relance. Allons donc, la gauche se ridiculise, la droite doit rire sous cape. Comme le disait Nico Cué, on a votés PS et on a un programme MR+. La grève générale est nécessaire : oui, il faut aller chercher l’argent où il est. Saviez vous qu’un pour cent d’intérêt notionnel (cadeau fiscal aux multinationales) représente 4 milliards ???
Allei, restons optimiste. Je le suis, vous savez pourquoi, parce que je mise sur le faire (actif)  et non sur l’espoir (passif). C’est vrai dans la vie quotidienne comme dans la vie sociale.
A la semaine prochaine.

mercredi 18 janvier 2012

Une patisserie 5 étoiles en Neuvice

Près de 150 personnes sont passées visiter le "Pain, c'est tout", cette petite boulangerie de quartier en Outremeuse. Nous avions prévu la focaccia pour cent personnes et nous sommes désolés pour ceux qui
n'ont pas pu y goûter. La preuve que les boutiques de quartier sont une nécessité.
Je vous avais promis de vous parler d'une autre nouvelle boulangerie pâtisserie, ouverte tout récemment en Neuvice; Très exactement au numéro 37, juste en face de Uguson dont je vous ai parlé à plusieurs reprises. Cette dernière arrivée s'appelle "Doddies: la cerise et legâteau"
Là, je peux vous dire, c'est du haut de gamme, de la toute grande qualité, du réfléchi, du 5 étoiles.
J'ai, nous (Marlène et moi) avons bien sûr testé avant de vous dire tout cela: Des petits pains délicieux, du vrai petit pain, dense, léger, moelleux mais pas trop et une croûte parfaite; une tartelette au citron qui vaut celle de Menton (bonjour Anne)...Et je vous raconte pour le croissant :
Souvent, le dimanche, Marlène et moi dormons plus tard et descendons en ville prendre deux cafés, le premier à "l'Ange Vin" avec notre ami Michael et le second à la Toccata avec Pierre. Ni l'un, ni l'autre ne
vendant de croissants, ils nous autorisent à entrer avec des croissants achetés ailleurs. J'avais remarqué que Doddies, dont le patron s'appelle Laurent, annonçait qu'il n'utilisait pas d'huile ou de beurre de palme. Chouette! voilà quelqu'un qui sait ce qu'il veut: "faire du bio suppose qu'en cohérence, on n'encourage pas l'abattage des forêts tropicale pour les remplacer par des plantations industrielles de palmiers dont l'huile va venir accentuer notre obésité, notre mauvais cholestérol et notre mauvaise santé." nous dit Laurent.
Donc, dis-je à Marlène, il ferait ses feuilletés et ses croissants sans beurre spécial feuilletage!! Ce serait  formidable. (la plupart des feuilletés sont à base de beurre de palme qui peut justement s'étaler en fine feuille sans se déchirer, c'est un boulanger- pâtissier qui vous parle).
Ce dernier dimanche, nous avons donc acheter nos croissants à Doddies: plus petit que la normale, plus dense, même prix qu'un non bio, mais le goût!! un vrai croissant, de ceux comme on n'en trouve plus, dont
le feuilletage se devine n'est n'est pas artificiel et de ceux qui vous nourrisse sans vous barbouiller l'estomac. Je vous assure, goûtez- le. J'ai posé la question à Laurent, le patron, mais comment fais-tu sans beurre de feuilletage? "je mets du beurre tout simplement", m'a t'il répondu.
Vous verrez, si vous y allez, son comptoir (et son local) est très épuré comme toute sa pâtisserie. C'est très bien présenté. Damien, un ami, m'a dit avoir goûté ses bombes au chocolat: "délicieuses"; Nous avons un penchant pour les tartelettes au citron, mais nous avons goûter l'éclair au chocolat et son glacé traditionnel: parfait, c'est  parfait. Les croissants sont petits, les pâtisseries ont l'air petite, mais ne vous y fiez pas, la qualité est nourrissante sans qu'il soit besoin de quantité. Doddies est certifié bio, y compris dans ses produits finis, par Certysis.
Il est ouvert du mardi au samedi de 7h30 à 18 h et le dimanche de 7h à 14h;
Voici ce que Laurent nous dit dans son petit folder: "Un éventail classique de pâtisseries fines vous est proposé en permanence, tandis qu'une autre gamme variera en fonction des périodes de l'année: les fruits de saison seront mis à l'honneur au printemps et en été tandis que les mois d'hiver réjouiront vos papilles de déclinaisons sur les thés, chocolats et saveurs fleuries". Cela donne envie hein!! Essayez et dites-moi si j'exagère;
Avec Como en casa, nous voulions donner une autre image du bio, qui sorte des "papouilles" et "ratatouilles" traditionnelles et pas belles du début. Nous n'avons pas mal réussi d'après ce que vous nous dites. Et bien, Laurent, de Doddies, participe du même mouvement, comme Grégory de Terre Mère dont je vous ai déjà parlé (rue de la Régence). Ils méritent d'être soutenus et encouragés.
Le bio est en train de gagner ses galons, du bon, du propre, du beau et du juste, qui s'en plaindrait?
Allei, bonne chance  Laurent .

mardi 17 janvier 2012

assemblée de fondation de VEGA

J'ai eu l'occasion et la plaisir de participer avec soixante autres personnes à l'assemblée de fondation de VEGA, coopérative politique à Liège ce dernier samedi 14 janvier.
VEGA, comme Vert et à Gauche, se donne pour objectif de créer le débat et d'agir sur les élections communales de 2012 à Liège. Nous n'excluons pas de créer une liste électorale. Sauf si un accord devait intervenir avec un autre parti, accord qui nous donnerait suffisamment d'assurances quand à la réalisation de nos objectifs. C'est en avril que sera prise une décision à ce sujet.
Notre assemblée était fort diversifiée et très représentative tant du point de vue générationnel que du point de vue genre et centre d’intérêt et d'engagement social.
Les débats essentiels ont porté sur le manifeste et les statuts de la coopératives. Quelques amendements ont été apportés qui ne changent rien à l'essentiel de la démarche.
Les informations sont disponibles sur: http://vega.agora.eu.org/presentation/.
Si vous souhaitez rejoindre les (déjà) plus de cent trente membres de Vega, vous pouvez le faire à l'aide du formulaire en ligne: http://vega.coop/adherer/formulaire.html.
Comme le disait un participant, les votes aux élections communales de 2012 ne pourront  ignorés le contexte global de crise que nous connaissons et même si les enjeux communaux ont toute leur importance, le conditionnement financier est tel aujourd'hui qu'il faut donner à ces élection un enjeu national et fédéral. La gauche de la gauche a un rôle crucial à jouer si nous voulons éviter que le mécontentement se traduise en soutien vers la droite ou l'extrême droite.
VEGA, nous donne les moyens d'exprimer les exigences des 99%, ne ratons pas l'occasion de nous manifester; Avec VEGA, on ne pourra plus dire qu'on ne savait pas pour qui voter.

mercredi 4 janvier 2012

les fêtes de fin d'année au Burundi

Je vous souhaite le meilleur pour vous et les vôtres en 2012. Les temps sont difficiles, mais cela ne doit pas empêcher de cultiver des moments de bonheur et d’amour.

L’année 2012 sera importante pour Como en Casa. C’est en effet pratiquement sûr, l’ouverture du resto aura lieu le 18 août en soirée. Bloquer déjà la date. Au programme : menu dégustation, spectacle et chansons et enfin soirée dansante…

Depuis toujours, la tradition veut que le 1er janvier, les télés nous montrent le passage des 12 coups de minuit dans les capitales européennes et mondiales : Rome, Paris Londres, New York…Je me suis demandé comment les africains dans les pays les plus pauvres passaient les fêtes. J’ai posé la question à Luc (Toussaint), qui vit au Burundi et voici ce qu’il nous en dit

Bonjour Mario et Marlène,

Les Fêtes se sont bien déroulées.....à Bujumbura. Au Burundi, la naissance de Jésus se fête le jour de Noël en famille...Mais la pauvreté de la population ne permet pas de folies sauf pour la "classe moyenne" et les "corrompus du régime" soit environ 2 000 à 3 000 personnes sur les 8,5 millions d'habitants. Les sapins sont le plus souvent en plastique de couleurs diverses et de fabrication chinoise, pas d'habitudes alimentaires particulières en cette occasion.
Le Nouvel An, c'est un peu la même chose sauf que la population en général s'offre l'une ou l'autre boisson alcoolisée supplémentaire. Généralement de la bière de sorgho ou de bananes, bières artisanales
et familiales fabriquées par les femmes et bues par tous....sans modération !
Les Fêtes sont souvent l'occasion de messes et autres cérémonies religieuses supplémentaires et bien entendu les temples et églises sont envahis par les fidèles.
La messe de Noël a lieu en début de soirée pour raison de sécurité, les familles veulent être rentrées pour 20 h, rarement plus tard.

La grande nouveauté de l'année a été l'alcootest ! Les Burundais aiment les rassemblements familiaux (fêtes de familles : décès, levées de deuils, fiançailles, mariages, levée de voile, etc.) qui sont l'objet de rencontres et de réjouissances autour des brochettes de chèvres (ou de buffets pour les "riches") et de bières
(sans oublier "les sucrés" c.à.d. les Fanta et autres Coca).
Les autorités avaient donc annoncé des contrôles du taux d'alcool car il semble que la France a mis à disposition de la police quelques dizaines d'alcootests. Ce fut donc l'occasion pour la Police Nationale d'amplifier ses recettes à travers la corruption. Personne ne voulant "souffler", beaucoup d'automobilistes se sont acquittés d'un "pourboire" c.à.d. de ce que la Police appelle "un Fanta".
En effet, lors des contrôles quotidiens aux "entrées" et "sorties" de ville, l'agent de Police (souvent un ex-rebelle démilitarisé et illettré), en vérifiant le contenu du véhicule, se plaint de la vie et
demande "un Fanta" c.à.d. de l'argent. Contrôlé en général 5 à 6 fois par semaine depuis 2 ans, je n'ai
jamais cédé à ce genre de pratique sauf la nuit du Nouvel An ! CQFD !
Ma compagne et moi avons donc dîné le soir de Noël avec des amis et Kelly, la fille aînée.
Le jour de Noël, ma compagne et ses filles étaient chez moi pour un repas "Festival de Pâtes" : pâtes froides en entrées, penne al ragu, lasagnes aux légumes, lasagnes à la viande et jambon…et gâteau au
chocolat.
Pour le Nouvel An, dîner tous ensemble au restaurant.....et le 1er, nous sommes partis à la plage dans un site à 60 Km de Bujumbura et y avons passé la nuit.

Bref, rien d'exceptionnel, mais de bons moments familiaux et conviviaux…

Je m’arrangerai pour être à Liège pour l’ouverture du resto le 18 août
et en attendant je vous embrasse.